les Points d'Histoire
des Amis du vieux Guérigny

Histoire, anecdotes, évènements et mémoires de Guérigny.

 
La Fonderie de canons de Marine de Nevers

En 1793 les bâtiments du couvent des capucins situé dans le faubourg Sainte Vallière de Nevers sont réquisitionnés pour l’installation d’une fonderie de canons. Les canons étaient alors coulés verticalement dans une fosse et sans noyau. Par la suite l’intérieur était foré par une machine qui était actionnée par des roues à aubes qui utilisaient l’énergie hydraulique provenant d’un bras de la Nièvre.

  Cette fonderie, qui avait des relations avec les Forges de La Chaussade, a été fermée en 1880 et remplacée par un établissement des Subsistances de l’armée puis aujourd’hui par l’ISAT.

  Le seul endroit où il est possible de voir un canon de Marine ainsi fabriqué à Nevers c’est au musée Forges et Marines de Guérigny. On remarquera que, dans le cadre des commémorations des 400 ans de la Marine Nationale, ce musée organisera une exposition consacrée à 400 ans de Marine en Nivernais, à partir du 29 mai prochain. On pourra y découvrir notamment une maquette de cette fonderie de canons ainsi qu’une maquette de la machine à forer les canons. D’autres thèmes seront abordés comme les arbres réservés pour la Marine au XVIIIème siècles et les marins Nivernais du XVIIème au XXème siècle.

  Pour aller plus loin en ce qui concerne la fonderie de canons de Nevers on peut consulter les Actes du Colloque Fonderie et marine de 1994 publiés par les Amis du Vieux Guérigny.

  On peut se les procurer en cliquant sur le bouton ci-dessous, (au prix de 18 euros + 8 euros de frais de port).

Fonderie de canons de Nevers
Gravure représentant la Fonderie de canons de Nevers à la fin XVIIIème en provenance de la Médiathèque Jean Jaurès de Nevers
L’Orangerie du Château de La Chaussade et l’Office de tourisme

   Les locaux de l’Office de Tourisme des Bertranges à Guérigny vont faire l’objet d’une présentation le 20 septembre 2025. Une permanence a été effectuée depuis le début juillet 2025 suite à d’importants travaux. 

    Ce bâtiment n’apparaît pas sur le plan de la fin du XVIIIème siècle. On le trouve, par contre, sur le plan dressé en l’An 13 (1805). Il n’existait alors que le bâtiment principal le long de la rue. On peut donc penser qu’il s’agit d’une construction du tout début du XIX ème siècle. On remarquera qu’elle possédait une porte principale avec un imposte vitré semblable aux huisseries de l’atelier des grosses chaînes achevé en 1823. Cet immeuble a été utilisé comme orangerie à la place de celle qui était située dans le bâtiment contenant la chapelle.

    Les plans dressés sous le Second Empire n’indiquent pas de modification et notamment celui de 1868. Le petit bâtiment construit en équerre n’apparaît pas sur un plan non daté mais signé Berthiault maire de 1884 à 1865 et il fait son apparition seulement sur un autre plan dressé par les Forges nationales de La Chaussade en 1890. On peut donc penser légitimement qu’il a été édifié entre 1884 et 1890.

    A noter qu’en 1793 il existait dans la première orangerie 10 orangers et 6 grenadiers. 

    Pour aller plus loin voir le point d’histoire sur les arbres tropicaux du château. On peut consulter le plan de 1805 en consultant la borne interactive située dans le hall du musée Forges et Marines.

L’Orangerie du Château de La Chaussade et l’Office de tourisme
L’Orangerie du Château de La Chaussade et l’Office de tourisme
La cuisinière en fonte Rivaillon

   Au numéro 14 de la grande rue à Guérigny on trouvait encore, dans les années 1950-1960, une quincaillerie tenue par Madame Rivaillon, pendant que son mari installait le matériel acheté ou procédait à des installations électriques. Mais il semble que cette boutique ait été gérée, antérieurement, par des membres de la même famille, à en croire une cuisinière portant la marque « Rivaillon à Guérigny ».     Cette famille était très connue dans la région de Nevers-Guérigny, notamment dans la commercialisation et l’installation de matériel électrique.

   Il s’agit d’une cuisinière en fonte de la fin XIX ème ou début XX ème siècle. Le compartiment cuisson était adjacent au four et les plaques se trouvaient dessus. Il était donc possible de faire chauffer, par exemple un café, pendant qu’un plat cuisait au four. On pouvait aussi obtenir de l’eau chaude. 

   Cette cuisinière provenait des usines « Pied de Selle », ancien établissement spécialisé dans les appareils de chauffage en fonte et les cuisinières depuis 1893, situé à Fernay dans les Ardennes.

   Cette cuisinière a fait récemment l’objet d’un don au Musée Forges et Marines de Guérigny. 

   Pour aller plus loin il faut découvrir cette cuisinière de nos grands-mères dans la salle de la machine à vapeur du musée.

Cuisinière Rivaillon à Guérigny (devant)
Cuisinière en fonte Rivaillon à Guérigny (devant)
Cuisinière Rivaillon à Guérigny (détail)
Cuisinière en fonte Rivaillon à Guérigny (détail)
Le musée Forges et Marines et la guerre d’Indépendance des Etats Unis

  Alors que l’on se prépare à Guérigny à commémorer la bataille de la Chesapeake, il faut savoir que le musée Forges et Marines présente, cette année, parmi les nombreuses maquettes qui font partie des collections, deux maquettes du vaisseau de 74 canons « le Protecteur », dont l’une a été confectionnée par Roger Avry. Ce navire a participé aux combats qui ont contribué à l’Indépendance des Etats Unis.

   En effet le Protecteur faisait partie de l’escadre commandée par le comte d’Estaing, comprenant vingt cinq vaisseaux, et qui ont participé notamment à la bataille de la Grenade, le 6 juillet 1779, contre la flotille de la Royal Navy commandée par John Byron. Cette bataille va se terminer par une victoire de la France et par la reconquête de l’ile de la Grenade qui avait été cédée à la Grande Bretagne à la suite de la guerre de Sept Ans. Le Protecteur était alors commandé par Etienne Joseph de Saint Germain comte d’Apchon, qui par la suite sera membre d’origine de la société des Cincinnati de France.

   Rappelons que le Protecteur était un vaisseau de 74 canons, lancé en 1760, comprenant deux ponts, et pesant 3000 tonnes. Il avait un équipage théorique de 740 marins. Il était typique du vaisseau à deux ponts que l’on trouvait alors dans la Marine Royale. 

     Pour aller plus loin :

          – il faut visiter le Musée Forges et Marines et l’exposition pour 2025 intitulée « Maquettistes et Marines, toute une histoire »

          – on peut lire Cols Bleus, le magazine de la Marine Nationale, hors-série été 2023 avec plusieurs articles sur la bataille de la Chesapeak.

Maquette du Protecteur.
Le Protecteur. Maquette visible au Musée Forges et Marines de Guérigny, pendant l’exposition 2025 « Maquettistes et Marines, toute une histoire »
La contribution décisive des Forges de La Chaussade à la sécurité des navires.

    Au XVIIIème siècle on relevait les ancres des navires au moyen d’un câble en chanvre, fabriqué notamment à la Corderie Royale de Rochefort. Et, compte-tenu du poids des ancres, les câbles, d’une longueur de 200 mètres, avaient un diamètre de 20 à 25 cm. Il était alors impossible d’entourer l’axe vertical du cabestan.

   Donc on était obligé d’utiliser le système du tournevire, c’est-à-dire de passer par l’intermédiaire d’un petit câble, relié au câble principal. Cette manœuvre délicate demandait, pour un vaisseau de 74 canons, la présence d’une cinquantaine de marins. On peut voir cette année sur un écran, au musée Forges et Marines, cette manœuvre grâce à un audiovisuel en provenance du musée de la Corderie Royale de Rochefort.

   Cette technique sera remplacée à partir de 1823 par l’utilisation de câbles en chaîne, fabriqués à Guérigny dans un bâtiment érigé à cet effet : l’atelier des grosses chaînes. En outre, sera mis au point toujours à Guérigny, en 1834 le barbotin, du nom de son inventeur le lieutenant de vaisseau Benoit Barbotin. La manœuvre pour remonter une ancre devenait alors plus simple et demandait moins de marins.

    On peut s’en rendre compte en consultant les 4 montages audiovisuels, provenant de l’Ecole de manœuvre et de navigation de la Marine Nationale, et qui sont projetés toujours au musée Forges et Marines cette année dans le cadre de l’exposition consacrée aux maquettistes nivernais.

     Pour aller plus loin il faut visiter l’exposition estivale 2025 organisée par le Musée Forges et Marines intitulée : Maquettistes et Marins, toute une histoire. 
Exposition ouverte tous les jours, sauf le lundi de 14h à 18h.

   À noter une visite guidée de l’exposition dimanche 10 août à 16h.

Tournevire (Exposition 2025 : Maquettistes et Marins, toute une histoire).
Tournevire (Exposition 2025 : Maquettistes et Marins, toute une histoire).
Les grilles sur les ponts du Parc du Château de La Chaussade
Dessin d’une grille placée au milieu d’un pont en 1895
Dessin d’une grille placée au milieu d’un pont en 1895 (Centre des Archives de l’Armement de Chatellerault)
Photo actuelle de la grille du Parc de La Chaussade au milieu d’un pont.
Photo actuelle de la grille du Parc de La Chaussade au milieu d’un pont.

   Le parc du château de La Chaussade a été aménagé à partir de 1749, à l’arrière des constructions. Si l’on consulte les plans de la fin du XVIII ème siècle on trouve déjà la présence d’îles mais en l’absence de ponts.

   En revanche le plan provenant de la  description technique  des Forges de La Chaussade de François Deschamp, publié par la Revue maritime et coloniale en 1869, fait apparaître les ponts reliant ces îles. On dispose aujourd’hui , en consultant les archives de l’Armement de Chatellerault, d’un  dessin du 7 mai 1895 signé notamment par le sous-directeur des Forges de La Chaussade Albert-Simeon Causeret présentant une grille. Cette grille existe encore aujourd’hui et elle est placée au milieu du pont édifié au niveau de l’ancienne sous-direction. Ce dessin n’est pas coté et il s’agit simplement de la description de la situation existante alors.

   On peut penser que les deux grilles que l’on rencontre aujourd’hui et limitant à l’origine l’accès au parc, sont contemporaines du Second Empire.

   Pour aller plus loin on peut consulter l’ouvrage intitulé « À la découverte du site des Forges Royales et de son musée »  que l’on peut se procurer à l’accueil du musée.