les Points d'Histoire
des Amis du vieux Guérigny

Histoire, anecdotes, évènements et mémoires de Guérigny.

 
La Justice des Forges royales

   Monsieur de La Chaussade était notamment seigneur haut justicier de Guérigny. Pour l’exercice de la justice il avait fait édifier en 1750 un bâtiment à l’entrée de la Cour Verte de son château, dit « le pavillon de justice ». Cette justice était alors exercée par des officiers qu’il nommait. Ainsi seront bailli Jean Claude Flamen d’Assigny puis Jean François Rouelle.

   Ce pavillon de justice existe encore aujourd’hui . Il s’agit du pavillon situé à droite de la grille d’honneur du château. L’inventaire dressé en 1793 nous apporte des précisions sur le mobilier que l’on pouvait y trouver encore, et notamment le siège du juge, deux fauteuils, cinq sièges, une tenture fleurdelisée de fond bleu et un christ dans un cadre en bois doré.

   Après la vente des terres, fiefs et forges au Roi, des Lettres Patentes d’août 1781 réglementent la justice royale de Guérigny. C’est très certainement dans le Pavillon de Justice que sera condamné Jean Olivier dit le bègue le 7 août 1782 à 3 ans de galère pour le vol de barres de fer.

Le pavillon de Justice des Forges royales de Guérigny
Le pavillon de Justice des Forges royales de Guérigny
Les Lettres patentes du Roi
Les Lettres patentes du Roi
Les ancres aux Forges de La Chaussade

   Au XVIIIème et au XIXème siècles les ancres étaient en fer forgé. Au XXème siècles elles seront progressivement réalisées en acier moulé.

   À l’origine l’aciérie, inaugurée en 1904, était équipée de fours Martin pour la fabrication de tôles et de plaques de blindage. Et, avant la deuxième guerre mondiale, les pattes d’ancres en acier moulé provenaient de fonderies privées et montées aux Forges de La Chaussade qui réalisaient par forgeage les verges et les organeaux.

   Les Forges de La Chaussade vont disposer à partir de 1949 d’un four électrique de type Hérault de 15 tonnes. Cette même année voit le début de réalisation de pièces moulées. Et les demandes militaires et civiles étaient satisfaites avec 10 types d’ancres, qui font l’objet de deux tableaux.

Robert Bouvier : Les ancres en acier moulé des Forges de La Chaussade dans les Actes du colloque Fonderie et Marine 1996.

Ce texte peut être acquis au Musée Forges et Marines. 

 

Type d'ancres 1
Type d'ancres 1
Type d'ancres 2
Type d'ancres 2
Les bois de marine en Nivernais

   Une des préoccupations de la Marine française au XVIIIème siècle était de trouver dans le royaume des arbres nécessaires pour la construction d’un navire. En 1719 on trouve ainsi à La Charité sur Loire un Commissaire de la Marine chargé de cette mission.

   Ainsi entre 1722 et 1790 plus de 15000 chênes seront marqués du marteau de la Marine, empreint d’une fleur de Lys, pour être réservés pour la Marine. Certaines années le nombre d’arbres réservés était important. Ainsi pour 1782 on trouve 2885 arbres et en 1748 seulement 57.

   Dans les documents rédigés à cette époque il était précisé que ces arbres seront abattus dans la période comprise entre le 1er novembre et le 15 mars.

On peut voir dans l’exposition intitulée « 400 ans de la Marine en Nivernais » organisée par le musée Forges et Marines  l’intégralité des statistiques concernant cette activité ainsi que des modèles de formulaires rédigés alors.

   À noter que les Forges de La Chaussade à la fin du XVIIIème possédaient 6000 arpents de bois (soit environ 2000 hectares).

Forêt de Guérigny
Forêt de Guérigny
Le bois de la marine en Nivernais. (formulaire)
Le bois de la marine en Nivernais. (formulaire)
À Nevers on fabriquait des canons de la Marine

    Aujourd’hui on a oublié que l’on fabriquait à Nevers des canons de Marine entre 1793 et 1879. D’importants locaux ont été aménagés à cet effet dans le quartier Sainte-Vallière, le long de la route permettant d’accéder à Guérigny. Ces locaux existent encore bien qu’étant transformés.

    Pour connaitre l’histoire de cette fabrique de canons de Marine il faut visiter l’exposition organisée par le Musée Forges et Marines à Guérigny ouverte les dimanches et du 11 juillet au 20 septembre tous les jours sauf lundi de 14h à 18h. On peut y découvrir la maquette de cette fabrique, la reconstitution de la forerie de canons ( car les canons étaient coulés pleins) sans oublier un canon de 1811, en position de tir.

 

Maquette de la fonderie de canons à Nevers. (À l'exposition "400 ans de la Marine en Nivernais")
Maquette de la fonderie de canons à Nevers. (À l'exposition "400 ans de la Marine en Nivernais")
Canons de la Marine à Nevers. (À l'exposition "400 ans de la Marine en Nivernais")
Canons de la Marine à Nevers. (À l'exposition "400 ans de la Marine en Nivernais")
L’Herbier d’Alfred Bonnard
La Limaria vulgaris ou limaire commune, recueillie à Guérigny « Ile aux bois », à proximite » du Musée Forges et Marines, le 8 juillet 1883.
La Limaria vulgaris ou limaire commune, recueillie à Guérigny « Ile aux bois », à proximite » du Musée Forges et Marines, le 8 juillet 1883. L'herbier d'Alfred Bonnard
La Pontentilla argentea ou Potentille argentée recueillie à Guérigny, lieudit le Briou (aujourd’hui le stade), le 6 juin 1884.
La Pontentilla argentea ou Potentille argentée recueillie à Guérigny, lieudit le Briou (aujourd’hui le stade), le 6 juin 1884. L'herbier d'Alfred Bonnard

 

  Alfred Bonnard né à Bouhy le 1er octobre 1862 a été nommé instituteur stagiaire à Guérigny du 18 avril 1881 au 23 septembre 1888. Pendant cette période il a commencé un herbier qu’il va poursuivre, par la suite, dans les autres communes où il sera nommé. Cet herbier a été acquis par la Médiathèque Jean Jaurès à Nevers.

  Une partie des plantes qu’il a recueillies concernent donc Guérigny, Urzy, Parigny-les-Vaux. On peut ainsi en citer deux :

  • La Pontentilla argentea ou Potentille argentée recueillie à Guérigny, lieudit le Briou (aujourd’hui le stade),  le 6 juin 1884.
  • Et la Limaria vulgaris ou limaire commune, recueillie à Guérigny « Ile aux bois », à proximité du Musée Forges et Marines, le 8 juillet 1883.

  Ces plantes peuvent-elles encore être observées aujourd’hui ?

Une porte du château des Bordes dans la cour du château de La Chaussade à Guérigny
Le domaine des Bordes au XVIIème siècle à Guérigny.
Le domaine des Bordes au XVIIème siècle à Guérigny. Dessin ©Thierry Maudry
La Façade Nord côté cour avec sa porte, aujourd'hui aux Forges de la Chaussade de Guérigny
La Façade Nord côté cour avec sa porte, aujourd'hui aux Forges de la Chaussade de Guérigny. Dessin ©Thierry Maudry
Porte des Bordes aux Forges de Guérigny
Porte des Bordes aux Forges de Guérigny

 

  Dans la cour sud du château de La Chaussade à Guérigny (XVIIIème) on peut voir aujourd’hui, entre deux bâtiments, une porte plus ancienne (XVIIème). Il s’agit, en réalité, d’une porte provenant de la façade côté nord (XVIIème) du château des Bordes (commune d’Urzy), et donnant sur une cour intérieure. Par cette porte on accédait à un vestibule, dont l’extrémité s’ouvrait, par une autre porte sur un jardin, auquel on descendait par un escalier à double révolution.

  Cette aile nord du château des Bordes a été détruite au début du XIXème siècle et la porte a été transférée à Guérigny, dans la cour du château de La Chaussade. On dispose d’une reconstitution précise du château des Bordes avant les destructions du XIXème siècle grâce à l’article de Madame Françoise Joulie, historienne de l’art, chargée de recherches au musée du Louvre, et propriétaire de ce château, et de Monsieur Thierry Maudry, historien de l’art, spécialisé en architecture, dessinateur pour les Monuments historiques et pour plusieurs agences d’architectes du patrimoine, publié dans le Marteau pilon tome XXXVII pour 2025 page 11. A la suite de l’étude de documents anciens et de plans il a été possible de faire une reconstitution en 3D du château au XVIIème siècle, dont une partie est reproduite ici.

  On peut voir aujourd’hui cette porte à Guérigny. Malheureusement le fronton a été défiguré par un écriteau qui évoque l’action de Mr de La Chaussade et indique, à tort, que les forges sont gérées par le Ministère de la Marine depuis 1809, alors que ce ministère était en charge de l’établissement depuis une décision de la Convention du 11 avril 1793. L’autre porte, donnant sur le jardin, est aujourd’hui installée à Nevers, dans la cour du Palais de Justice.

   On peut se procurer le tome XXXVII du Marteau pilon, publication des Amis du Vieux Guérigny, à partir de ce lien Commander le Marteau pilon tome XXXVII .

   Ce thème fera l’objet d’une intervention de Mme Joulie lors de l’assemblée générale des Amis du Vieux Guérigny du samedi 25 avril 2026.