Le visiteur du musée Forges et Marines qui visionne l’audiovisuel « Guérigny d’hier à aujourd’hui » est informé de l’existence de plusieurs fiefs sur le territoire de l’agglomération de Guérigny, avec généralement un château (exemple du fief de Villemenant avec le château du même nom). Toutefois pour le fief de Demeurs on ne disposait d’aucun élément. Existait-il un château à Demeurs ? On pouvait le penser mais à quoi ressemblait-il ?
Aujourd’hui on peut répondre à ces questions.
La réponse est positive en ce qui concerne l’existence d’un château à Demeurs à la lecture de l’acte de vente de 1781 des Forges de La Chaussade au Roi, de l’inventaire de 1793 pour le transfert de la gestion au ministère de la Marine, ou de l’état de la propriété immobilière des forges dressé en 1833. Dans l’inventaire de 1793 il était déjà indiqué que le château était en mauvais état.
Mais où était situé ce château ? Comme on pouvait le penser ce bâtiment était érigé le long de la Nièvre, à peu près à l’emplacement de l’immeuble situé 45 rue de l’usine.
Grâce à un document des archives départementales on connait son aspect. Il s’agissait, au milieu du XIXème, d’un long bâtiment composé, semble-t-il, de plusieurs parties érigées à des périodes diverses, avec des tours carrées. Cet immeuble avait une surface de 362 m2 et il était composé d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage. Au rez-de-chaussée on trouvait notamment une cuisine, un office, une salle à manger, un salon et le cabinet du chef de Section des Forges. On accédait à l’étage par un escalier dans une tour carrée, lequel étage était composé d’une chambre à feu, 3 cabinets, un cabinet de toilette et de greniers.
Ce château était entouré par une cour, un jardin en terrasse sur la Nièvre, un grand verger, de deux pavillons d’entrée avec accès direct sur la route de Guérigny, un bâtiment servant de logement pour les charpentiers et autres ouvriers.
D’une note rédigée par Louis Bouveault, Chef de Section des Forges, on apprend que le « vieux manoir » a été démoli à partir du 8 septembre 1856 pour faire place à « une maison bourgeoise » résidence de l’ingénieur de la Marine.