les Points d'Histoire
des Amis du vieux Guérigny

Histoire, anecdotes, évènements et mémoires de Guérigny.

 
À Nevers on fabriquait des canons de la Marine

    Aujourd’hui on a oublié que l’on fabriquait à Nevers des canons de Marine entre 1793 et 1879. D’importants locaux ont été aménagés à cet effet dans le quartier Sainte-Vallière, le long de la route permettant d’accéder à Guérigny. Ces locaux existent encore bien qu’étant transformés.

    Pour connaitre l’histoire de cette fabrique de canons de Marine il faut visiter l’exposition organisée par le Musée Forges et Marines à Guérigny ouverte les dimanches et du 11 juillet au 20 septembre tous les jours sauf lundi de 14h à 18h. On peut y découvrir la maquette de cette fabrique, la reconstitution de la forerie de canons ( car les canons étaient coulés pleins) sans oublier un canon de 1811, en position de tir.

 

Maquette de la fonderie de canons à Nevers. (À l'exposition "400 ans de la Marine en Nivernais")
Maquette de la fonderie de canons à Nevers. (À l'exposition "400 ans de la Marine en Nivernais")
Canons de la Marine à Nevers. (À l'exposition "400 ans de la Marine en Nivernais")
Canons de la Marine à Nevers. (À l'exposition "400 ans de la Marine en Nivernais")
L’Herbier d’Alfred Bonnard
La Limaria vulgaris ou limaire commune, recueillie à Guérigny « Ile aux bois », à proximite » du Musée Forges et Marines, le 8 juillet 1883.
La Limaria vulgaris ou limaire commune, recueillie à Guérigny « Ile aux bois », à proximite » du Musée Forges et Marines, le 8 juillet 1883. L'herbier d'Alfred Bonnard
La Pontentilla argentea ou Potentille argentée recueillie à Guérigny, lieudit le Briou (aujourd’hui le stade), le 6 juin 1884.
La Pontentilla argentea ou Potentille argentée recueillie à Guérigny, lieudit le Briou (aujourd’hui le stade), le 6 juin 1884. L'herbier d'Alfred Bonnard

 

  Alfred Bonnard né à Bouhy le 1er octobre 1862 a été nommé instituteur stagiaire à Guérigny du 18 avril 1881 au 23 septembre 1888. Pendant cette période il a commencé un herbier qu’il va poursuivre, par la suite, dans les autres communes où il sera nommé. Cet herbier a été acquis par la Médiathèque Jean Jaurès à Nevers.

  Une partie des plantes qu’il a recueillies concernent donc Guérigny, Urzy, Parigny-les-Vaux. On peut ainsi en citer deux :

  • La Pontentilla argentea ou Potentille argentée recueillie à Guérigny, lieudit le Briou (aujourd’hui le stade),  le 6 juin 1884.
  • Et la Limaria vulgaris ou limaire commune, recueillie à Guérigny « Ile aux bois », à proximité du Musée Forges et Marines, le 8 juillet 1883.

  Ces plantes peuvent-elles encore être observées aujourd’hui ?

Une porte du château des Bordes dans la cour du château de La Chaussade à Guérigny
Le domaine des Bordes au XVIIème siècle à Guérigny.
Le domaine des Bordes au XVIIème siècle à Guérigny. Dessin ©Thierry Maudry
La Façade Nord côté cour avec sa porte, aujourd'hui aux Forges de la Chaussade de Guérigny
La Façade Nord côté cour avec sa porte, aujourd'hui aux Forges de la Chaussade de Guérigny. Dessin ©Thierry Maudry
Porte des Bordes aux Forges de Guérigny
Porte des Bordes aux Forges de Guérigny

 

  Dans la cour sud du château de La Chaussade à Guérigny (XVIIIème) on peut voir aujourd’hui, entre deux bâtiments, une porte plus ancienne (XVIIème). Il s’agit, en réalité, d’une porte provenant de la façade côté nord (XVIIème) du château des Bordes (commune d’Urzy), et donnant sur une cour intérieure. Par cette porte on accédait à un vestibule, dont l’extrémité s’ouvrait, par une autre porte sur un jardin, auquel on descendait par un escalier à double révolution.

  Cette aile nord du château des Bordes a été détruite au début du XIXème siècle et la porte a été transférée à Guérigny, dans la cour du château de La Chaussade. On dispose d’une reconstitution précise du château des Bordes avant les destructions du XIXème siècle grâce à l’article de Madame Françoise Joulie, historienne de l’art, chargée de recherches au musée du Louvre, et propriétaire de ce château, et de Monsieur Thierry Maudry, historien de l’art, spécialisé en architecture, dessinateur pour les Monuments historiques et pour plusieurs agences d’architectes du patrimoine, publié dans le Marteau pilon tome XXXVII pour 2025 page 11. A la suite de l’étude de documents anciens et de plans il a été possible de faire une reconstitution en 3D du château au XVIIème siècle, dont une partie est reproduite ici.

  On peut voir aujourd’hui cette porte à Guérigny. Malheureusement le fronton a été défiguré par un écriteau qui évoque l’action de Mr de La Chaussade et indique, à tort, que les forges sont gérées par le Ministère de la Marine depuis 1809, alors que ce ministère était en charge de l’établissement depuis une décision de la Convention du 11 avril 1793. L’autre porte, donnant sur le jardin, est aujourd’hui installée à Nevers, dans la cour du Palais de Justice.

   On peut se procurer le tome XXXVII du Marteau pilon, publication des Amis du Vieux Guérigny, à partir de ce lien Commander le Marteau pilon tome XXXVII .

   Ce thème fera l’objet d’une intervention de Mme Joulie lors de l’assemblée générale des Amis du Vieux Guérigny du samedi 25 avril 2026.

La déesse Épona à Urzy
La déesse Épona (Musée Archéologique de la Porte du Croux à Nevers)
La déesse Épona (Musée Archéologique de la Porte du Croux à Nevers)

   La région de Guérigny était habitée dès l’époque gallo-romaine. On en a pour preuves le sesterce de l’empereur Philippe Ier (244 à 249) qui a été retrouvé à Guérigny, ainsi que des déchets métallurgiques.     

   En outre, à Urzy, on a retrouvé en mai 1900 une statuette représentant la déesse Épona, dans la carrière du Greux, appartenant à monsieur Edmond Hugon, et exploitée par monsieur Emile Morlon, aubergiste. Elle a été retrouvée dans un puits comblé au nord de la carrière et après avoir retiré des débris divers : tuiles à rebord, goulots de petites amphores, tessons de vases funéraires…Malheureusement cette statuette était mutilée et représentait cette déesse protectrice notamment des écuries. Elle était assise à gauche d’un cheval, et vêtue d’une robe disposée en petits plis et d’un manteau, les pieds sur une planchette. Elle tenait dans sa main gauche un objet circulaire, probablement un fruit ou un gâteau. Le personnage n’avait plus sa tête et l’animal était privé de sa tête, de sa queue et de ses jambes.

   Le personnage de la déesse Épona était alors déjà connu à Entrains-sur-Nohain avec des inscriptions dédiées à cette déesse.

   Cette statuette avait été présentée lors de l’exposition d’art celtique et gallo-romain organisée du 7 au 23 avril 1946, à Nevers dans la chapelle Sainte Marie. Elle a été décrite dans une publication qui avait alors été réalisée par la société des fouilles de Compierre, et que l’on peut consulter aux Archives Départementales à Nevers.

   Aujourd’hui elle est déposée à Nevers au musée archéologique du Nivernais de la porte du Croux.

   Pour aller plus loin on consultera le Bulletin de la Société Nivernaise, tome XIX, 1902 page 223.

L’ Atelier-école de l’école primaire de garçons de Guérigny
l'atelier-école (vue 1)
l'atelier-école (vue 1) à Guérigny
l'atelier-école (vue 2)
l'atelier-école (vue 2) à Guérigny

    Les lecteurs de l’ouvrage « Guérigny à la Belle Epoque, à travers la carte postale » ont pu constater qu’il était indiqué la présence d’un bâtiment à usage d’atelier école construit en 1939 dans la cour de l’école de garçons. En effet Il s’agissait alors de donner aux élèves de la classe de fin d’études primaires une bonne initiation, avant de pouvoir entrer dans des écoles d’apprentissage.

    Ce bâtiment sera achevé en 1939 et inauguré le 17 juin, en présence de nombreuses personnalités dont le préfet de la Nièvre, l’inspecteur d’Académie, l’inspecteur de l’enseignement technique, le directeur des Forges de la Chaussade et le sous-directeur …. Ce bâtiment était équipé de deux forges monoblocs, et neuf machines permettant une initiation aux métiers de tourneur sur métaux, ajusteur, forgeron ou menuisier. Les maîtres-ouvriers seront : Henri Légaré pour la menuiserie, Champault pour la forge, Chatillon pour l’ajustage et Soulier pour les machines-outils. Cet équipement a coûté un million six cents mille francs avec une subvention de l’Education nationale de 53%. Depuis le 1er janvier 1939 35 élèves étaient inscrits.

    Après la visite des locaux un vin d’honneur était organisé à la Mairie. Le préfet de la Nièvre avait indiqué que Guérigny était alors « à l’avant-garde ». Le maire de Guérigny, Léon Franchet ( de 1935 à 1940) avait lui-même déclaré que Guérigny constituait une évocation du monde de demain qui porte en soi bien des promesses. Il avait affirmé que la cité vivait « par et pour l’usine, et l’usine ce sont les Forges de La Chaussade , arsenaux incomparables de l’Etat ».

    Pour en savoir plus on doit lire La Tribune républicaine du 18 juin 1939, l’ouvrage de Jean-André Berthiau : Les Forges de La Chaussade un établissement de la marine militaire au cœur de la France, et Guérigny à la Belle Epoque à travers la carte postale.

La Fonderie de canons de Marine de Nevers

En 1793 les bâtiments du couvent des capucins situé dans le faubourg Sainte Vallière de Nevers sont réquisitionnés pour l’installation d’une fonderie de canons. Les canons étaient alors coulés verticalement dans une fosse et sans noyau. Par la suite l’intérieur était foré par une machine qui était actionnée par des roues à aubes qui utilisaient l’énergie hydraulique provenant d’un bras de la Nièvre.

  Cette fonderie, qui avait des relations avec les Forges de La Chaussade, a été fermée en 1880 et remplacée par un établissement des Subsistances de l’armée puis aujourd’hui par l’ISAT.

  Le seul endroit où il est possible de voir un canon de Marine ainsi fabriqué à Nevers c’est au musée Forges et Marines de Guérigny. On remarquera que, dans le cadre des commémorations des 400 ans de la Marine Nationale, ce musée organisera une exposition consacrée à 400 ans de Marine en Nivernais, à partir du 29 mai prochain. On pourra y découvrir notamment une maquette de cette fonderie de canons ainsi qu’une maquette de la machine à forer les canons. D’autres thèmes seront abordés comme les arbres réservés pour la Marine au XVIIIème siècles et les marins Nivernais du XVIIème au XXème siècle.

  Pour aller plus loin en ce qui concerne la fonderie de canons de Nevers on peut consulter les Actes du Colloque Fonderie et marine de 1994 publiés par les Amis du Vieux Guérigny.

  On peut se les procurer en cliquant sur le bouton ci-dessous, (au prix de 18 euros + 8 euros de frais de port).

Fonderie de canons de Nevers
Gravure représentant la Fonderie de canons de Nevers à la fin XVIIIème en provenance de la Médiathèque Jean Jaurès de Nevers