les Points d'Histoire
des Amis du vieux Guérigny

Histoire, anecdotes, évènements et mémoires de Guérigny.

 
La Caserne Michot à Nevers a été construite par un Guérignois : Aldophe Bouveault (1834-1892)
Aldolphe Bouveault, architecte guérignois
Aldolphe Bouveault, architecte guérignois

    La caserne de gendarmerie de Nevers, située avenue Marceau, et actuellement dénommée caserne Michot, a été édifiée en 1884. L’architecte du projet était Théophile François Adolphe Bouveault. Ce dernier était né à Guérigny le 17 septembre 1834. Son père s’appelait Louis Bouveault, chef de la 3ème Section aux Forges de La Chaussade. Une voie porte son nom : l’allée Louis Bouveault où est situé le musée Forges et Marines.

    Adolphe Bouveault a suivi une formation d’architecte à l’Ecole des Beaux- Arts de Paris de 1853 à 1861. Après ses études il séjournera en Italie puis il s’est établi à Nevers 1 place de l’Hôtel de Ville et deviendra architecte départemental et membre de la commission départementale des bâtiments civils.

    On lui doit de nombreuses constructions publiques comme des écoles ainsi que des constructions privées comme des châteaux : exemple du château de Mouron à Mesves- sur- Loire, en 1869, qui est aujourd’hui un institut médico-éducatif spécialisé pour les enfants.

    Adolphe Bouveault était un collectionneur de faïences de Nevers et il était l’auteur, avec Pierre Fieffe d’un ouvrage intitulé « Les faïences patriotiques nivernaise », en deux fascicules, 1883-1886.

    Pour en savoir plus : il faut visiter l’exposition intitulée « La Gendarmerie en Nivernais de 1701 à nos jours » organisée par le « musée Forges et marines » ouverte tous les jours sauf mardi e 14h à 18 h.
    On peut notamment découvrir le plan en élévation, provenant des archives départementales de la Nièvre,  dressé par Adolphe Bouveault pour la construction de la caserne de gendarmerie qui prendra le nom d’Etienne Michot.

La fin d’une énigme : le Château de Demeurs, commune d’Urzy
Plan Château Demeurs 1
Plan Château Demeurs 1
Plan Château Demeurs 2
Plan Château Demeurs 2

    Le visiteur du musée Forges et Marines qui visionne l’audiovisuel « Guérigny d’hier à aujourd’hui » est informé de l’existence de plusieurs fiefs sur le territoire de l’agglomération de Guérigny, avec généralement un château (exemple du fief de Villemenant avec le château du même nom). Toutefois pour le fief de Demeurs on ne disposait d’aucun élément. Existait-il un château à Demeurs ? On pouvait le penser mais à quoi ressemblait-il ?

    Aujourd’hui on peut répondre à ces questions.

    La réponse est positive en ce qui concerne l’existence d’un château à Demeurs à la lecture de l’acte de vente de 1781 des Forges de La Chaussade au Roi, de l’inventaire de 1793 pour le transfert de la gestion au ministère de la Marine, ou de l’état de la propriété immobilière des forges dressé en 1833. Dans l’inventaire de 1793 il était déjà indiqué que le château était en mauvais état.

     Mais où était situé ce château ? Comme on pouvait le penser ce bâtiment était érigé le long de la Nièvre, à peu près à l’emplacement de l’immeuble situé 45 rue de l’usine.

     Grâce à un document des archives départementales on connait son aspect. Il s’agissait, au milieu du XIXème, d’un long bâtiment composé, semble-t-il, de plusieurs parties érigées à des périodes diverses, avec des tours carrées. Cet immeuble avait une surface de 362 m2 et il était composé d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage. Au rez-de-chaussée on trouvait notamment une cuisine, un office, une salle à manger, un salon et le cabinet du chef de Section des Forges. On accédait à l’étage par un escalier dans une tour carrée, lequel étage était composé d’une chambre à feu, 3 cabinets, un cabinet de toilette et de greniers.

    Ce château était entouré par une cour, un jardin en terrasse sur la Nièvre, un grand verger, de deux pavillons d’entrée avec accès direct sur la route de Guérigny, un bâtiment servant de logement pour les charpentiers et autres ouvriers.

    D’une note rédigée par Louis Bouveault, Chef de Section des Forges, on apprend que le « vieux manoir » a été démoli à partir du 8 septembre  1856 pour faire place à « une maison bourgeoise » résidence de l’ingénieur de la Marine.

Les femmes dans la Gendarmerie
Femme Gendarme auxiliaire (Exposition au Musée)
Mannequin d’un gendarme auxiliaire féminin en tenue de cérémonie (provenance musée de Villeneuve sur Yonne)

   L’histoire de la gendarmerie est peu connue en Nivernais et peu de personnes sont capables d’indiquer les deux textes fondamentaux de 1720 et de 1791. Aucun article de presse ne concerne ce sujet. Et à Guérigny pratiquement personne n’est capable d’indiquer la date de création de la brigade locale.

   Il en va de même pour le personnel féminin. A l’origine la gendarmerie n’était composée que par des hommes. Or depuis 1972 il est possible pour de jeunes femmes de servir en tant que gendarme auxiliaire, tout en étant limité à des fonctions de soutien administratif. C’est en 1983 que deux décrets ont autorisé l’ouverture des corps d’officiers et de sous-officiers de la gendarmerie aux femmes. A l’origine le recrutement était limité par des quotas et certains emplois ne leur étaient pas ouverts.

   Aujourd’hui il n’y a plus de quotas et les femmes gendarmes représentent près de 22% des effectifs en 2022. Bien mieux, il y a actuellement 7 femmes ayant accédé aux postes de général de gendarmerie.

   Pour en savoir plus et connaitre la date de création de la brigade de Guérigny ou de la construction de la caserne Michot à Nevers il faut visiter l’exposition consacrée à l’histoire de la gendarmerie de 1720 à nos jours, au musée Forges et Marines de Guérigny, ouverte jusqu’au 22 septembre.

Des abattoirs au Cercle guérignois de la Jeunesse

   Au début du XIX ème l’abattage des animaux était effectué par les propriétaires de cheptel et les bouchers. Cependant les conditions d’hygiène laissaient à désirer. Ainsi le commissaire de police de Guérigny signale au maire, en 1865, que, par exemple, la tuerie de Madame Veuve Veau rue du champ de Foire (actuelle rue Masson) est en assez bon état mais le sang se répand sur la voie publique…

   Le 9 novembre 1879 le conseil municipal s’est réuni pour délibérer sur l’urgence d’établir un abattoir. Il acceptera la proposition de la Société Générale des Abattoirs de France dont le siège était à Paris 14 rue de Provence. Un traité de concession sera signé qui autorise ladite société à construire des abattoirs et lui donne le monopole de cette activité sur le territoire de la commune pendant une durée de 60 années. Un terrain est acheté rue de la Fenellerie et l’abattoir commence de fonctionner le 1er septembre 1880.

   Cette concession prendra fin le 1er septembre 1930 et l’abattoir cessera toute activité en 1966.

   Le Cercle guérignois de la Jeunesse  (CGJ), conduit par Claude Chavance, qui venait de se constituer, s’installera dans un local des anciens abattoirs, pendant quelques années. Celui-ci fera l’objet d’un aménagement.

   Il y a quelques années les anciens abattoirs ont été vendus à un particulier.

   Pour en savoir davantage : lire l’ouvrage de Martine Legros « Guérigny des lieux de vie oubliés ou disparus » que l’on peut se procurer au musée Forges et Marines.

Les abattoirs de Guérigny
Les abattoirs de Guérigny
La Gendarmerie maritime à Guérigny
Gendarme maritime en tenue d'été. (Exposition été 2024 au Musée Forges et Marines de Guérigny)
Gendarme maritime en tenue d'été. (Exposition été 2024 au Musée Forges et Marines de Guérigny)

   Contrairement à ce que l’on pourrait croire la gendarmerie maritime n’a pas toujours été présente à Guérigny. On sait que plusieurs services se sont succédés pour exercer la surveillance des Forges de La Chaussade (voir notamment le point d’histoire  intitulé le gardiennage des bâtiments des Forges de La Chaussade). Pendant de nombreuses années on trouvera des « gardes consignes » . Ceux-ci figurent sur plusieurs anciennes cartes postales.

   C’est à partir de 1946 seulement que le gardiennage sera effectué par la gendarmerie maritime . Dans les années 1960 la brigade de Guérigny était composée par 6 gendarmes. Ceux-ci étaient positionnés à l’entrée de l’usine de Villemenant et dans les cours du château . A noter la présence d’un gendarme maritime à la porte de l’usine de Villemenant sur la couverture du premier journal municipal en 1969.

   Dans l’exposition « La Gendarmerie en Nivernais de 1720 à nos jours » on peut voir deux mannequins avec les uniformes des gendarmes maritimes : tenue de service d’été et tenue de sortie. En outre on peut découvrir la maquette d’une vedette côtière de surveillance maritime « Elorn ».

   Pour connaître l’histoire des Forges de La Chaussade et de Guérigny ainsi que de sa région il est indispensable de lire les publications des Amis du Vieux Guérigny (Marteau pilon et publications exceptionnelles) et de visiter le musée Forges et Marines avec ses expositions annuelles.

On rappellera que l’entrée du musée est gratuite pour les adhérents de l’association.